A chaque âge son jeu

Jouer, c’est exister !

A 4 mois, votre bébé est fasciné par ses pieds ou vos lunettes, des joujoux en or ! A 3 ans, la voilà princesse, lui, chevalier, envolés pour des heures de bonheur. Pour se développer harmonieusement, votre enfant a besoin de jouer. Et de découvrir à chaque âge une façon d’explorer le monde. Voici, âge par âge, les jeux qui vont plaire à votre apprenti joueur.

 

 

  • « Le jeu est fondamental pour l’enfant, il apprend tout simplement à vivre, nous assure Alain Guy, psychanalyste et professeur en sciences de l’éducation. Bien entendu, chaque enfant progresse à son propre rythme. » Pourtant, au moins trois grandes périodes se dégagent de cette découverte ludique du monde.

 

De la naissance à 9 mois

Tous ses sens sont 100 % en éveil pour jouer

Il gigote les pieds, tire les cheveux

  • Dès les premiers mois, le plus beau jouet de votre bébé est le corps : le sien et le vôtre. Il découvre ses mains, ses pieds. Ils sont une source d’intérêt et une forme de jeu.
  • Tant qu’il ne se déplace pas, il est fasciné par ce qui bouge et par les bruits. Bien installé sur le dos, il voit ses mains passer devant lui. Puis, confortablement installé dans vos bras, il agrippe vos cheveux. Vers 2-3 mois, il observera ses pieds et tentera même de les attraper au passage ! « Mine de rien, il prend des informations sur son entourage et sur lui-même, explique Agnès Lévine, psychopédagogue et formatrice en crèche. Toutes ces informations sensorielles vont lui donner un mode d’emploi, un début de connaissance et d’intelligence. » A cet âge, tous ses sens sont en éveil ! Un investissement qui lui demande beaucoup d’énergie. Vous pouvez bien sûr le stimuler, mais vous vous rendrez compte que la fatigue s’installe rapidement : soyez attentive à ses regards fuyants.
  • Parce que de nouvelles connexions entre les neurones se créent, il a besoin d’un temps de repos… pour « digérer ». « Quand un bébé dort, il peut revoir des bribes d’images de ce qu’il vient de vivre, poursuit Agnès Lévine, comme s’il “imprimait”. Vivant une même situation une prochaine fois, il pourra anticiper : il saura que tel mouvement provoque tel bruit, par exemple. »

Il attrape, manipule, empile… que de progrès

  • Vers 4 mois, votre bébé essaie de saisir des objets. A partir de cette étape, ses progrès vont être spectaculaires, surtout lorsqu’il se tiendra assis. Sa liberté d’action s’agrandit. Maintenant, vous le voyez passer son hochet d’une main à l’autre. Il le repose, le lâche, le reprend. Entouré d’objets, il s’amuse à saisir, poser, éparpiller, rassembler, examiner sous toutes les coutures. Avec dix cubes gigognes, il peut passer des heures à explorer d’infinies possibilités ! Il devient maître de son jeu et doit pouvoir en user selon son désir. Etaler, mélanger, disposer les objets et regarder. Voilà la mise en route de son intelligence et la découverte du principe de cause à effet. « L’enfant agit sur les choses, il observe, mémorise et enchaîne les actions, précise Agnès Lévine. L’intelligence sensori-motrice est le premier stade de l’intelligence et cette action commence par la manipulation des objets. »
  • Votre bébé trouve la solution aux problèmes qu’il se pose. Des objets sont éparpillés ? Dans cette apparence de désordre, il essaie de comprendre comment les objets fonctionnent entre eux. C’est pour cela qu’il faut les laisser en l’état. « Il ne faudrait pas mettre trop vite de l’ordre et du sens, poursuit la psychopédagogue. Un peu comme si on nous changeait subitement la grille de nos mots croisés !

    La petite bête qui monte, qui monte… un jeu grisant

    • Sa capacité à anticiper, vous l’avez peut-être aussi déjà remarquée dans vos jeux avec lui ? Les bébés raffolent des jeux « d’agacerie », que les psychanalystes appellent de « dévoration ». Le jeu de la petite bête qui monte, qui monte, qui va le manger ! Et qui finit par le chatouiller… sur une autre partie du corps. « Les bébés adorent cette tension, précise Alain Guy, psychanalyste. La force d’une mère est d’être capable de tromper son enfant. Quand il s’attend à être chatouillé sur le ventre et qu’elle lui fait des bisous dans la nuque, il éclate de rire ! » Ces jeux de surprise constituent à la fois des angoisses, des tensions, des attentes et des promesses. Ils lui permettent d’apprivoiser ses réactions émotionnelles. Il apprend aussi que sa maman peut tout à coup changer de stratégie. Ce qui construit l’anticipation et le temps. Sacré bagage pour se préparer à la séparation !

    Entre 9 et 15 mois

    L’espace est un merveilleux terrain de jeux

    Plus fort, plus haut, il monte une marche !

    • C’est au début de cette période que votre tout-petit fait des progrès considérables en psychomotricité. Il se hisse, s’agrippe partout et a besoin d’espace. Il commence même à monter quelques marches. Il grimpe et redescend, avec une persévérance incroyable. Il commence donc à s’éloigner de vous et à mémoriser son univers familier. Il fait même la tête aux inconnus. Que lui arrive-t-il ? Il vit ses premiers sentiments d’étrangeté et d’inquiétude.

    Au jeu de cache-cache, il vous perd… et vous retrouve, ouf !

    • C’est le jeu de cache-cache qui lui apprendra à surmonter ces angoisses. Pour lui, perdre ceux qu’il aime, c’est vivre le chaos. Jouer à cache-cache avec lui l’aidera à surmonter cette situation catastrophique. Il y a une excitation, une tension nerveuse à se cacher : le cœur bat vite. La peur et l’attente sont là. Puis vient le « coucou » salvateur !
    • « Ce jeu est primordial parce qu’il fait vivre la question de l’abandon, explique Alain Guy. L’enfant éprouve beaucoup de plaisir à se perdre lui-même tout en sachant très bien qu’il sera retrouvé. Plus tard, si nous, adultes, pouvons affronter un jour la perte de nos proches, faire un deuil ou surmonter des échecs, c’est parce que nous avons joué à cache-cache. Toute la structuration de l’être humain est là. » Ce jeu a cette fonction régulatrice : éprouver pour rien, à vide, le sentiment d’apparition-disparition, dans un cadre sécurisant. Et lorsque vous vous éloignerez vraiment, il aura déjà vécu ces émotions. Il saura que vous reviendrez.

      De 15 mois à 30 mois

      Jouer avec l’imaginaire : et tout devient possible

      Pourvu que ça bouge !

      • Ça y est, il n’est plus un bébé. Il devient petite fille ou petit garçon. Vous avez remarqué comme il tient bien sûr ses jambes ? Votre explorateur a besoin d’espace. Il adore tirer, pousser tout ce qui roule. C’est une période de grande agitation motrice, son corps est un objet de jeu en soi. Il est centré sur ses facultés propres : il se perche, fait des galipettes et tout cela le passionne !
      • Les jeux calmes sont plus rares et il ne faut pas vous en inquiéter. S’il démarre le tricycle, vous le verrez s’arrêter pour essayer de faire tourner les roues à vide. Bref, il touche à tout et peut passer d’un jeu à l’autre rapidement. « Il est nécessaire de ne pas le pousser à rester assis toute la journée, conseille Agnès Lévine. Les motricités fine et globale ne s’opposent pas, tout est lié. »

      Son premier déguisement, c'est important !

      Il joue à faire semblant

      • C’est aux alentours de 2 ans que l’imaginaire commence à prendre sa place. C’est le début du jeu symbolique. Votre tout-petit acquiert la capacité à faire semblant, un progrès intellectuel considérable ! La cuillère servira de peigne ou de micro pour chanter. Le bol en plastique sera utilisé comme petit chapeau. Bref, tout est possible.
      • Il met en relation des choses de la vie quotidienne et commence à être capable d’abstraction. Tout ce qu’il vivra, ressentira avec vous, ses parents ou les personnes qui l’entourent, sera rejoué dans ce qu’on nomme joliment le « théâtre primitif ». Une petite fille investira la poupée de sentiments, d’affection. « Quand un enfant joue à la poupée, il lui fait jouer plusieurs rôles : celui de maman ou le sien. La petite fille aime cette poupée qui comme elle n’a rien de spécial, et pourtant est aimée », analyse Alain Guy. Bien entendu, cette poupée fera aussi des bêtises. Et malgré tout, elle sera aimée d’un amour inconditionnel.

      Des tas d’histoires où le superhéros, c’est lui

      • C’est au cours de la troisième année que filles et garçons prennent encore plus leur envol, en rejouant la vie réelle et en inventant des vies rêvées, des mondes imaginaires : « On arriverait à la mer », « Je serais la reine, tu serais le roi. » Les univers s’élargissent, on se raconte des tas d’histoires et on distribue les rôles. L’imagination explose ! Les possibilités sont infinies. Ne les en privez pas…C’est grâce au jeu que l’enfant peut s’inventer une toute-puissance qu’il n’a pas, penser qu’il peut tout créer, tout savoir et qu’il est capable de surmonter toutes les difficultés. « Cela l’aide à se sentir moins vulnérable dans le monde des adultes, précise Alain Guy. Le temps du jeu est un temps hors de la réalité, il faut le respecter. Ces mondes imaginaires lui permettent d’évacuer et de régler des tensions intérieures profondes. Ce n’est pas la réalité ! » D’ailleurs, vous avez remarqué qu’il arrête dès que vous vous en mêlez ?
      • Ce n’est que plus tard, vers 6 ou 7 ans, que vous introduirez des règles. Ces mêmes règles qui lui apprendront la liberté, la lecture et l’écriture. En attendant, il doit pouvoir jouir du temps perdu ! En jouant, l’enfant échappe à ses parents et… c’est très bien.

      Maria Poblete, avec la collaboration d’Alain Guy, psychanalyste et professeur en sciences de l’éducation, et Agnès Lévine, psychopédagogue et formatrice en crèche.

      Comment jouer avec lui

      A faire

      • Jouez avec plaisir et ne vous forcez jamais quand l’envie n’y est pas ! l Pour jouer avec lui, essayez de retrouver l’enfant qui est en vous.• Respectez le « pouce ! ». Quand votre petit partenaire de jeu veut arrêter, écoutez-le. Le jeu doit toujours être libre et gratuit… sinon il devient un devoir.

      A ne pas faire• Ne corrigez pas ses erreurs. S’il met un carré à la place du rond, tant pis ! Il faut qu’il se trompe et qu’il cherche lui-même les solutions.• Ne lui proposez pas des jouets idiots : il en existe. En revanche, il n’y a pas de façon de jouer idiote.

      Quels jeux lui font plaisir ?

      -De 0 à 1 anLe premier jouet de votre bébé est son corps. Tous ses sens sont en éveil. Très vite, il saisit les objets, les manipule. La bonne attitude : proposez-lui des objets différents, des cubes, des balles, mais attention à ne pas le surstimuler. Il a aussi besoin de moments pour rêver et « digérer » tout ce qu’il apprend.

      -De 1 à 2 ansAvec ses premiers pas, votre tout-petit a besoin de plus d’espace. Jouets à tirer ou à pousser font son bonheur ! C’est aussi la grande période du jeu de cache-cache qui permet d’éprouver, pour rien, le sentiment d’apparition-disparition. Lorsque vous vous éloignerez vraiment, il aura déjà vécu ces émotions. La bonne attitude : ne vous inquiétez pas si vous constatez qu’il a la « bougeotte ». Laissez-le toucher à tout, passer d’un jeu à un autre. Les jeux calmes, ce sera pour plus tard. Et bien sûr, veillez à la sécurité.

      -De 2 à 3 ansC’est l’année au cours de laquelle il se perfectionne. La motricité est fine, il parle de mieux en mieux et son imagination est débordante ! Une phrase revient souvent : « On dirait que » (je serais la reine, tu serais la maman…) le jeu symbolique aide votre enfant à comprendre et à revivre certaines situations de la vie !La bonne attitude : laissez faire, laissez dire. N’intervenez pas, sauf s’il vous le demande. Jouer, cela doit être pris très au sérieux !

      http://www.enfant.com/

L'histoire du soir est plus bénéfique lorsqu'elle est contée par papa !

 
 
Le rituel du coucher est très important pour les parents et les enfants... Il semblerait que papa soit le mieux placé pour raconter l'histoire du soir... Explications.

Avec nos emplois du temps de super-actifs, il n'est pas toujours évident, pour nous parents, de se retrouver à deux pour coucher bébé. On essaie tout de même d'alterner au mieux papa/maman car on sait combien le rituel du coucher et l'histoire du soir sont des moments privilégiés et uniques.

Le Dr Elisabeth Duursma, qui travaille à l'Université de Wollongon, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) et son équipe de chercheurs de l'Université d'Harvard, se sont penchés sur la question : ils ont réalisé une étude - qui sera d'ailleurs présentée lors du Early Start qui se déroule en Australie, pendant une conférence intitulée L'amélioration de la vie des enfants - pour mesurer l'impact de la lecture sur les enfants. Et il semblerait que l'histoire soit plus bénéfique quand elle est contée par papa !

Les papas et les mamans ont deux manières bien différentes de raconter des histoires !

Elisabeth Duursma explique au DailyTelegraph que lorsque papa lit une histoire, il a tendance à en rajouter (à en faire trop ?) : "s'il doit raconter une histoire d'une famille à table, il ajoutera des détails ici de ses propres souvenirs". La scientifique précise que "cela va stimuler l'imaginaire de l'enfant encore plus que maman qui est souvent plus raisonnée". Cette façon de lire oblige l'enfant à utiliser encore plus son cerveau. Ces discussions plus imagées, les questions plus abstraites et l'utilisation d'un langage plus complexe participent également au développement du langage de l'enfant, surtout quand ces derniers sont âgés de moins de deux ans. 

A contrario, les mamans "ont tendance à plus insister sur les détails de l'histoire". Elisabeth Duursma développe en expliquant que "les mamans adoptent une approche plus pédagogique en posant des questions du genre "combien vois-tu de pommes?" à certains passages de histoire". 

Les enfants semblent plus réceptifs à la voix d'un homme

Si les petites filles ont tendance à idéaliser leur papa, c'est aussi le cas des petits bonshommes ! Eh oui, toujours selon l'étude, il semblerait que ce moment de lecture soit très fort entre un père et son fils : il servirait à consolider le lien entre les deux hommes de la famille.

Plus généralement, d'après une étude de la National Literacy Trust (Confiance d'alphabétisation nationale), intitulée "Comment les papas sont concernés par l'alphabétisation de leur enfant ?", le moment de la lecture du soir est l'un des meilleurs moyens existants pour créer un lien d'amour et de confiance entre papa et enfant. Will Callaghan, papa de deux petits garçons, confie qu'il "adore lire l'histoire du soir, quand nous sommes tous les trois blottis dans le lit". Il ajoute "qu'il en profite pour mimer, danser et amuser ses enfants".

Et chez vous, qui se charge de lire des histoires aux enfants le soir ?

http://www.magicmaman.com/

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